Samedi 20 octobre 2007, Goult, théâtre d’une course intéressante. Quelques pilotes sont arrivés la veille, dont Josiane et Bernard, Nicolas et Richard, qui ont campés sur place. Fanny et Laurent ont prévu l’hôtel. Enfin, Nat, Christelle et Nicolas sont arrivés le matin même. Bonne pioche pour ces derniers car la nuit dans les tentes a été très fraîche. On en remarque les marques sur les visages frigorifiés des courageux campeurs. La nuit fut dure, mais la matinée reste difficile. Le froid engourdi nos membres. Non loin du stand, la file de quad s’allonge pour le contrôle technique, dans une brume de chaleur dégagée par les pots d’échappement et le corps des pilotes. Le café est bien mérité. On oublie momentanément le froid en se préparant pour la course, accompagnés des rayons de soleil naissants.
9h45, il est temps de rentrer sur la piste pour le tour d’essai. Première constatation, la piste est large et plate (pour le moment !). Une route est traversée en deux endroits, deux légères bosses rapides en permettent le franchissement. Une bosse « pic » se situe au niveau d’une voie ferrée, elle doit être négociée avec prudence. Trois bosses sont disséminés sur la partie gauche du circuit. Enfin une dernière bosse rend plus impressionnant le passage sur la ligne d’arrivée. C’est un parcours très sympathique. Deuxième constatations, non des moindres, la poussière se soulève très vite et limite la vision à quelques malheureux mètres lorsque l’on suit de près le quad précédent. Çà va être corsé ! 10 kms de circuit par tour…
Nous retournons aux stands pour compléter le plein et réaliser, pour certains, les derniers réglages. Le vent frais projeté sur nos doigts par la vitesse a laissé des traces, comme une sensation de martèlement. 10h30, le moment tant attendu arrive. La pression monte au fur et à mesure que les quads prenant le départ de la première manche se positionnent sur la grille pour un départ type « Le Mans ». Numéro 38 en solo NCA, Richard. Numéro 114 sur LTR 450, équipage Bernard/Nicolas sur YFZ 450, Nicolas prend le départ. Numéro 123, équipage Laurent/Nicolas sur 400LTZ/700RAPTOR, Nicolas prend le départ. Et enfin numéro 124, équipage Christelle/Nat sur YFZ 450, Nat prend le départ.
Le départ est donné par 3 vagues successives, séparées de 3 minutes. Dans l’ordre : solo NCA, solo NCB et équipages. Les moteurs vrombissent et les quads s’accumulent dans le premier virage. Le terrain est physique, l’enchaînement de virages oblige à rester le plus souvent possible d’un côté ou de l’autre de la machine, entrecoupés de fortes accélérations. Plusieurs lignes droites, ou presque, permettent d’évoluer à vitesse rapide et de récupérer un peu des efforts dans les parties sinueuses. Quel régal de voir les quads déboulés dans le dernier saut et de freiner au dernier moment pour le passage devant le camion de pointage, par un couloir de ballots de paille. Ce couloir donne sur la zone de départ très large, et les pilotes n’hésitent pas à sortir gaz à fond, en écartant le plus possible la trajectoire pour éviter de glisser et prendre le plus de grip possible. La poussière se soulève à l’arrière des roues, le bruit augmente soudainement lorsque le pouce appuie pleinement sur la gâchette. Le pied ! Virage à gauche, virage à droite, encore gauche encore droite, un saut, un droite, un gauche… tout s’enfile à haute vitesse. Certains pilotes placent leur quad en glisse dans les virages, d’autres se retrouvent souvent sur 3 roues. Mais on se bat pour une place à gagner ou à conserver. Au bout de trois tours, les changements s’effectuent pour les équipages. Premier à rentrer, Nicolas, pour laisser une bonne 7ème place en duo à Bernard. Puis Nicolas, sur son 700, rentre à son tour pour laisser le brassard à Laurent. Enfin Christelle remplace Nat sur la piste. On peut être témoin de nombreux combats, à tout niveau. Pour Laurent, dans cette première manche, la carotte est le suz 400 LTZ numéro 206. Il marche fort avec une des plus petites machines du plateau. Les virages s’enchaînent, la fatigue arrive, mais on se bat sur la selle pour ne pas flancher. Il faut tenir de plus en plus fort le guidon pour ne pas le lâcher dans les parties les plus accidentées, le regard fixe sur le prédécesseur pour estimer le temps perdu ou repris. Dernier tour, Laurent arrive à dépasser le numéro 206, en profitant du passage d’un pilote prenant un tour. Mais quelques virages avant le drapeau à damier tout est à refaire car le suz jaune le dépasse à nouveau. Seul moyen pour le pousser à la faute, arriver fort dans les virages, car le 206 se retourne fréquemment. Et çà paye car dans le dernier kilomètre, au risque de se percuter, Laurent tente une manœuvre plus ou moins efficace, pour dépasser à nouveau le concurrent du moment. Une dernière bosse, le drapeau à damier, un coup d’œil sur l’ami qu’il vient de doubler qui lui fait un signe positif et amical du pouce. Les deux pilotes se retrouvent dans la ligne des stands pour se féliciter. C’est çà l’ambiance d’une compétition quad régionale. C’est ces comportements qui poussent à revenir sur l’épreuve suivante, convivialité, adrénaline, dépassement de soi, bagarres et correction. Fin de la première manche.
Tous les pilotes se retrouvent autour de la table pour prendre un repas léger mais utile. Car la deuxième manche se profile. Pendant ce temps les organisateurs ont du mal à sortir les classements de la première manche ! A priori, ils ont des difficultés car ils auraient arrêtés les chronos trop vite. L’odeur des saucisses grillées emplie nos narines. Les participants et accompagnant trinquent au nom de la convivialité, autour d’une bonne bière. Le temps se couvre dès la fin de la course du matin, le café est bénéfique pour se réchauffer. Les résultats tombent enfin, juste avant le départ de la manche suivante. Seuls les positions au scratch sont affichées : Richard 15ème / 114 pilotes et équipages, Nicolas/Bernard 39 / 114, Laurent/Nicolas 65 / 114 et Christelle/Nat 83 / 114. Changement de stratégie pour Laurent et Nicolas : Nicolas prendra le deuxième départ également pour profiter de la puissance de sa machine dans le but de réussir à se placer dès le premier virage et tenter de récupérer des positions dans l’espoir que Laurent, avec une machine moins performante puisse espérer conserver cette position. Les organisateurs ont décidé pendant le repas, d’arroser copieusement la piste au niveau des ordinateurs qui enregistrement les passages sur la ligne d’arrivée, pour ne pas connaître à nouveau de soucis à cause de la poussière soulevée. Tous les pilotes pestent contre cette décision. Mais rien n’y fait. Et malheureusement pour les organisateurs, cette manche va partir au fiasco. Dans un premier temps certains pilotes manquent de chuter lors de leur course pour rejoindre leur quad au coup de fusil (bravo Richard pour ta belle figure !). Mais plus grave, de nombreux pilotes butent sur les ballots de paille, car le comportement des quads est totalement différent au freinage sur la piste trempée et boueuse ! De fait des bouchons se créent sur la ligne d’arrivée, jusqu’à ce qu’un pilote fougueux et engagé vienne percuté un autre à l’arrêt. Son quad grimpe sur celui du malheureux participant qui attendait que la piste se dégage. Mais plus de peur que de mal pour lui, car il est touché légèrement au côte, l’obligeant tout de même à abandonner. Non ! Le mal est ailleurs : pas de commissaire de course sur la dernière bosse pour signaler de son drapeau jaune tous ces incidents ! C’est inadmissible de la part de tous les sachants, et pilotes et spectateurs sont indignés. Heureusement, les pilotes, avertis par les spectateurs aux abords de la piste jusqu’à ce qu’une personne prenant le rôle de commissaire prenne son poste, font à présent attention à chaque passage dans cette zone, et avance leur point de freinage pour ne pas risquer de taper dans les ballots. Les changements de pilote s’opèrent à nouveau pour les équipages. Nicolas signale à Laurent qu’il vient juste de doubler le numéro 110, et l’incite à sortir des stands avant lui. Ensuite la manche se résume pour Laurent à suivre à distance le Canam 800 qui le précède. Impossible de le suivre dans les parties très abîmées du circuit, dégradées par les nombreux passages et accélérations. Impossible également de le suivre dans les reprises en sortie de virage. La carotte est parfaite pour ne pas perdre trop de temps. Au final de la course, les mines sont plus marquées que ce matin. Le temps, qui s’était amélioré au début de seconde manche, se dégrade à nouveau. Tous les participants rangent quads et matériel sur les remorques. Une foule s’amasse ensuite autour des résultats de la seconde manche.
Au scratch de la seconde manche : Richard 24 / 100, Bernard et Nicolas 31 / 100, Laurent et Nicolas 65 / 100 et Christelle et Nat 79 / 100. Par catégorie, pour la seconde manche : Richard 14 / 27 en NCA, Bernard et Nicolas ?? / 29, Laurent et Nicolas 22 / 29 et Christelle et Nat 28 / 29 en équipages.
En résumé, les lieux accueillant l’épreuve est agréable. Le parcours du circuit est agréable, mélangeant zones de vitesse très rapide, enchaînements de virage et quelques bosses praticables pour tout niveau de pilotage. On y sera certainement l’année prochaine pour une nouvelle édition… dans nos mémoires resteront gravés de cette journée la forte fraîcheur et les émotions, que l’on ait été pilote ou spectateur.